Wednesday, 13 of November of 2019

Statistiques et géomatique au service de l’analyse urbaine

Après plusieurs articles ayant l’ambition de proposer une synthèse des sujets traités, à l’image de celui sur “l’essentiel sur la numérisation des PLU”, ce billet inaugure un autre style, plus proche de ce qui constitue l’essence des blogs, c’est-à-dire un article qui offre une vision personnelle, qui lance un débat, sans le clore …

l’édition 2010 du séminaire de l’observation urbaine a confirmé l’imbrication de plus en plus poussée entre géomatique et statistique :

  • le SIG est il un outil de plus des représentations statistiques comme un graphique ?
  • la statistique va t’elle être fondue dans les données SIG ?
  • comment enrichir l’un sans appauvrir l’autre ?

Cet “assemblage” ouvre de nombreuses questions dont nous allons essayer de balayer quelques aspects, enrichis par la lecture de l’article d’octobre 2010 de SIG la lettre qui portait sur le géodécisionnel.

Tout repose au départ sur l’observation :

  • études et prospectives,
  • ou évaluation,
  • ou bien sous forme d’observatoires : des centres de ressources au services des études et évaluations.

Géomatique et statistique participent aux techniques et compétences nécessaires à un travail d’observation. A mon sens les deux disciplines sont liées par trois points :

  • la représentation cartographique,
  • les cartes dynamiques,
  • et les analyses spatiales.

La représentation cartographique n’est pas nouvelle en matière d’analyse statistique.
Elle offre une autre lecture possible des données, une représentation qui explique différemment les phénomènes en faisant ressortir les proximités géographiques, mais également une visualisation complémentaire aux tableaux et graphiques qui permet à chacun, selon ses préférences, de s’approprier le éléments présentés. Une bonne étude se nourrit des différentes représentations et les traitements peuvent être tant géographiques que thématiques pour asseoir une réflexion.
L’étude qui vient d’être publiée par la CDC et l’AdCF sur “la crise et nos territoires, premiers impacts” en est une parfaite représentation en associant toutes ces composantes pour porter un regard très intéressant sur la crise que nous venons de traverser, et qui n’est pas terminée, d’ailleurs !
Ces cartes, combinées aux tableaux et à des graphiques explicatifs appuient l’analyse et enrichissent les études statistiques conduites.

Autre usage de la géomatique, celui qui se développe en s’appuyant sur les applications dynamiques désormais très courantes sur le web.
Avec le développement du webmapping, la cartographie prend aujourd’hui le pas sur les représentations statistiques plus axées sur les tableaux et les graphiques et devient une composante incontournable qui bénéficie des capacités interactives des nouvelles technologies. Ces plateformes peuvent à la fois permettre de faire ressortir des éléments d’évaluation qu’offrir un centre de ressources. Les tableaux de bord intègrent de plus en plus facilement les données cartographiques. Ce type d’usage rentre dans le champs du géodécisionnel et ouvre de nombreuses questions :

  • La question de la sémiologie tout d’abord, ce que j’appellerais la lisibilité des cartes : la profusion des camemberts sur les cartes n’est pas toujours heureuse !
  • Celle de l’ergonomie des sites, généralement complexes à utiliser. On est bien loin des trois boutons des géoportails mondiaux ! Il faut cocher/décocher des “couches”, choisir des analyses, sans accompagnement ni commentaire associé.
  • On doit aussi se demander qui fait réellement appel à ces données car le thème de l’observation a toujours du mal à fédérer les ardeurs, en dehors de la sphère de l’observation, surtout quand on essaye de s’adresser aux acteurs locaux ?

Ce qui parait nouveau dans la statistique et son volet d’analyse urbaine, c’est le développement des traitements dans les logiciels SIG, qui fait aujourd’hui partie intégrante des modèles d’analyse et de prospective.
La géomatique permet d’intégrer dans les traitements des notions de proximité géographique. En s’appuyant sur des techniques déjà bien maîtrisées en géomatique, se développent désormais des modèles de simulation utiles au domaine de l’urbanisme : étudier la constructibilité d’un document d’urbanisme ou simuler et localiser la répartition des constructions à venir. Ces techniques ouvrent de nouveaux champs aux études statistiques, des champs de plus en plus faciles à mettre en oeuvre avec l’avancée des techniques géomatiques. Plus que leur avancée d’ailleurs, c’est l’accès à ces techniques qui est de plus en plus aisé.

Ces interrelations de plus en plus marquées font ressortir deux questions :

  • Une première touchant aux règles de la statistique et du traitement des données, qui impose au domaine de la géomatique de se remettre en mémoire les bases des intervalles de confiance ou autre marges d’erreur. Ce qui constitue finalement de la métadonnée !
  • Une seconde question est celle du lien entre les deux mondes de la géomatique et de la statistique qui, en dehors de ces journées de l’observation urbaine, n’échangent pas toujours suffisamment. GeoRezo ouvrira prochainement un forum dédié spécifiquement à la donnée, ce nouvel espace sera surement l’occasion d’échanger autour de ce mariage des statistiques avec les données géographiques.
Article rédigé avec les remarques de Jérome, Jean-Michel, et Marie : merci à eux, et … en attente de vos réactions.

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