Cartographier dans OpenStreetMap avec un fond PCRS
Initialement conçu pour sécuriser les travaux à proximité des réseaux, le Plan Corps de Rue Simplifié (PCRS) recèle un potentiel bien plus large, comme celui de servir de fond de plan pour enrichir OpenStreetMap, la carte libre et collaborative.
En exploitant ces données précises et homogènes, il devient possible d’améliorer la qualité des informations géographiques disponibles pour tous dans OpenStreetMap.
Cette démarche ouvre la voie à une meilleure connaissance du territoire, en combinant la rigueur du PCRS et la dynamique participative d’OSM :
- Pour la communauté OSM, c’est l’opportunité d’accéder à des données fiables et détaillées, permettant de renforcer la précision des tracés et d’intégrer des éléments souvent difficiles à relever sur le terrain.
- Pour les collectivités locales, contribuer à ce mouvement signifie valoriser leurs investissements dans le PCRS, favoriser la transparence et offrir à leurs citoyens des cartes plus complètes et utiles, tout en stimulant l’innovation autour des données ouvertes.
Nous allons détailler ici comment utiliser le PCRS pour cartographier dans OpenStreetMap. Comme pré-requis il faut avoir installé JOSM sur son poste et avoir récupéré les flux WMS nécessaires ; les principales étapes sont expliquées dans cet article.
Petit bonus en fin d’article : une autre méthode pour intégrer encore plus précisément des éléments topo dans openstreetmap et des exemples très parlants à Orange (Vaucluse).
OpenStreetMap, l’univers qu’on ne présente plus
OpenStreetMap (OSM) est un projet collaboratif mondial qui vise à créer une carte du monde libre et ouverte. Elle est alimentée par des millions de contributeurs bénévoles. Contrairement aux solutions propriétaires, OSM repose sur le principe du partage et de la transparence : chacun peut collecter, corriger et enrichir les données géographiques, qu’il s’agisse de routes, bâtiments, points d’intérêt ou zones naturelles. Cette approche participative en fait une ressource précieuse pour les développeurs, collectivités, chercheurs et passionnés de cartographie, offrant une alternative flexible et gratuite aux services commerciaux.
Aujourd’hui, OSM est au cœur de nombreuses applications, de la navigation à l’analyse spatiale, et s’impose comme un pilier incontournable de la géomatique libre.
Le PCRS et ses défis
Le concept du “Plan Corps de Rue Simplifié” ou PCRS tire son origine de la réforme anti-endommagement des réseaux, entrée en vigueur le 1er juillet 2012.
Le cadre réglementaire de cette réforme cherche à réduire les risques d’endommagement des réseaux et d’atteinte aux personnes à proximité lors de travaux (https://beta.gouv.fr/startups/pcrs.html ). Le PCRS en est une composante importante en proposant un fond de plan à très haute précision conçu pour modéliser les infrastructures de voirie à grande échelle (bordures, façades, arbres, etc.). Il est décliné soit en vecteur, soit en raster (image).
Son déploiement a été confié en 2019 à l’IGN par la DGPR, qui anime depuis une plateforme nationale via la Géoplateforme pour rendre ces données accessibles et mises à jour (https://www.data.gouv.fr/datasets/pcrs ). Précisons que les PCRS sont produits et financés par les collectivités locales, avec l’apport de différents financeurs publics et parfois privés.
Cependant, le PCRS fait face à plusieurs défis :
- Une couverture inégale du territoire, avec un déploiement qui repose sur l’engagement et le financement des collectivités locales ;
- Une nécessité de mise à jour régulière des données, indispensable pour rester fidèle à l’état réel des voiries et réseaux;
- Une certaine complexité pour assurer l’interopérabilité des formats raster/vecteur et leur intégration fluide dans les SIG des acteurs publics comme privés, afin d’en tirer pleinement parti pour la prévention des risques et la gestion des travaux.
Passons à la pratique
Maintenant que nous avons expliqué de quoi on parle, il est temps de montrer comment tout ça peut fonctionner.
Pour cela, nous allons utiliser l’éditeur JOSM pour cartographier dans OpenStreetMap. Cet éditeur permet d’afficher en fond de plan des flux de données comme des orthophotographies aériennes, afin de pouvoir cartographier les éléments présents sur les photos. De fait, on comprend bien que plus la photo est précise, plus on pourra cartographier d’objets et meilleure en sera la localisation.
En l’occurrence, le PCRS contient des données ultra précises, que ce soit avec l’orthophotographie à très haute résolution ou avec les données vectorielles de type topographique. Concernant la Métropole de Montpellier, nous avons adapté le modèle de données initial du PCRS à nos besoins, ce qui donne le Plan de Corps de Rue Complet (PCRC).
Voici les principales étapes :
- Dans un premier temps on va paramétrer les flux.
- Une fois tous les flux paramétrés, on va pouvoir les ajouter comme fond de plan
- Et ensuite, après avoir chargé les données à modifier, c’est à vous de cartographier tout ce que vous voulez !
Configurer les flux
Tout se passe dans les options de JOSM :

Dans l’onglet « Imagerie » à gauche, vous aurez la liste des flux disponibles et vous allez pouvoir en ajouter d’autres à partir du bouton « +WMS » à droite :

Dans la fenêtre qui s’ouvre, vous allez pouvoir ajouter l’URL de vos flux, cocher « Stockez seulement le point final de WMS des couches choisies à l’utilisation » et donner un nom à votre flux.

Pour l’exemple de ce document, nous utiliserons les flux suivants :
- orthophoto_3m_2023_hr : https://lesig.montpellier3m.fr/arcgis/services/images_ortho/orthophoto_2023_hr/MapServer/WMSServer
- orthovoirie_jacou_2025_hr : https://lesig.montpellier3m.fr/arcgis/services/images_orthovoirie/orthovoirie_jacou_2025/ImageServer/WMSServer
- pcrs_topo_3m_pcrc : https://lesig.montpellier3m.fr/arcgis/services/pcrs_topo_3m/pcrs_topo_3m_pcrc/MapServer/WMSServer
PCRS ou PCRC : c’est le même principe pour intégrer les flux issus de données vectorielles.
Ouverture des fonds de plan
Pour ouvrir les fonds de plan on va passer par l’onglet « Imagerie » dans la barre d’outils. On sélectionne d’abord le flux de l’orthovoirie (ici, celle de la commune de Jacou). Une fenêtre s’ouvre pour sélectionner les couches à charger. Préférez l’option « image/tiff » en bas de la fenêtre, vu qu’il s’agit d’une orthophoto avec des parties transparentes. Vous pouvez tester aussi avec le png.

Ensuite, vous faites la même chose pour l’orthovoirie 3m de 2023.
Enfin, pour le PCRS, vous aurez 3 couches à charger et, vu que ce sont des données vectorielles à l’origine, sélectionnez l’option « image/png32 » pour avoir une meilleure résolution. Sinon, les objets affichés vont « baver ». Une fois les fonds de plans chargés, vous verrez dans la fenêtre à droite l’ensemble des couches sélectionnées.


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Chargement des données dans JOSM
Une fois que vous avez chargé les fonds de plan, vous allez pouvoir charger les données à modifier.
Pour cela, vous allez devoir naviguer et zoomer vers la zone que vous souhaitez cartographier, pas trop grande pour ne pas charger trop d’objets. Vous cliquez ensuite sur le bouton “Télécharger les données cartographiques…”.

Une fenêtre s’ouvre pour vous permettre de dessiner l’emprise des données que vous souhaitez télécharger. Une fois que c’est fait, cliquez sur “Télécharger”.
Pour l’exemple, on va prendre cette zone :

Les différents fonds de plan vous permettent :
● de localiser les différents objets (PCRS ou PCRC),
● de vous faciliter le repérage et la compréhension de l’environnement (orthophoto THR),
● de voir ce qui se trouve sous les arbres et aux pieds des bâtiments (orthovoirie).
Vous pouvez même ajouter Panoramax à côté car les photos prises pour faire l’orthovoirie y ont été publiées.

Cartographier les données
Après, c’est à vous de cartographier tout ce que vous voulez.
La saisie dans OpenStreetMap est différente d’une saisie dans un SIG :
• Chaque objet est indépendant l’un de l’autre :
• On appelle tous les objets dans la zone sélectionnée
• On regarde ce qui existe dans la base.
• Et, ensuite, soit on modifie un objet existant, soit on le supprime, soit on en créé un nouveau.
Pour savoir comment faire, je vous renvoie vers l’excellent tutoriel de M. Moustache : https://www.youtube.com/watch?v=rwLtFXrAJQM.
Voici quelques exemples de « avant-après » avec l’utilisation des données du PCRS.


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Au final, voici ce que ça donne dans OSM. De nombreux objets ont été rajoutés et des géométries corrigées.

Encore plus précis ?
Bon, à ce moment, vous vous dites que vous avez fait du bon boulot et vous avez raison. Mais, si on veut aller plus loin, que peut-on faire de plus ?
Et bien déjà, se dire que redessiner manuellement des objets qui ont déjà été cartographiés précisément c’est bien, mais si on pouvait copier l’objet depuis le plan PCRS directement dans OSM, ce serait plus précis. Peut-être pas plus rapide vu le travail préparatoire et les garde-fous à prendre en compte, notamment pour éviter de faire des doublons dans OpenStreetMap.
Pour autant, c’est techniquement possible, de manière chirurgicale. Le principe est de transformer le plan topo en fichier vectoriel (de type shape ou autre) et qui puisse être ajouté dans JOSM via le greffon « open data ». Il y a un gros travail à faire de nettoyage des données, de mise en cohérence des attributs et de gestion des doublons qui mériterait un tutoriel dédié.
Voici deux exemples qui ont été réalisés il y a quelques années sur la ville d’Orange, à partir de plans topographiques :
- La colline Saint-Eutrope avec le détail des ruines du château et du temple romain, ainsi que les différents talus du site. Notez que chaque arbre est positionné à l’emplacement exact issu des plans topos.

- L’arc de triomphe après le réaménagement du site.

Article rédigé par Tony Emery, Montpellier Méditerranée Métropole.
Date: Wednesday 10 June 2026 à 18:47




