Comment Montauban a mis le SIG au cœur de son recensement

Quand trois équipes différentes vous demandent la même chose au même moment, c’est rarement un hasard.
Au printemps 2025, à la Communauté d’Agglomération du Grand Montauban, trois acteurs distincts : les équipes de coordination du recensement en mairie, les agents de l’INSEE, et l’équipe adressage ont formulé spontanément et simultanément la même demande à la Direction du SIG : prenez en main la coordination du recensement pour la campagne 2026.
Un SIG déjà dans la place
La Direction du SIG du Grand Montauban n’était pas un acteur nouveau sur le sujet. Depuis 2023, elle développait des applications mobiles et bureautiques pour soutenir le recensement, et co-gérait avec l’INSEE le Répertoire des Immeubles Localisés (RIL), la base de référence des logements habitables sur laquelle repose toute la mécanique du recensement pour les communes de plus de 10 000 habitants. La légitimité était là. Il restait à formaliser la compétence.
A la suite de l’arbitrage favorable des élus, l’équipe a structuré un écosystème d’outils pensé pour deux profils d’utilisateurs aux besoins très différents : le coordinateur communal, qui pilote l’ensemble de la campagne depuis un bureau, et les agents recenseurs, qui travaillent sur le terrain, parfois dans des conditions peu commodes.
Un écosystème d’outils taillé sur mesure
Pour le coordinateur, une application Experience Builder d’ESRI (pour la création d’applications web) a été conçue comme un véritable poste de pilotage. Elle permet
- de visualiser l’intégralité de la Base de Sondage des Adresses (BSA) sur fond orthophoto à très haute résolution de 5 cm de type PCRS (Le Plan de Corps de Rue Simplifié est un fond de plan de référence pour la localisation précise des réseaux),
- de rechercher une adresse dans la Base Adresse Nationale (BAN) ou directement dans la base de sondage,
- d’interroger le cadastre,
- et de filtrer les adresses par état d’avancement (non repérée, repérée, distribuée, relancée, récupérée, refus, vacant).
Un tableau de bord dédié, accessible en un clic depuis l’application, offre une vue synthétique par agent et par IRIS, avec des jauges en temps réel et une visualisation de l’activité jour par jour.
Pour les agents de terrain, l’application mobile Field Maps d’Esri a été configurée pour ne leur exposer que les informations nécessaires :
- visualiser leur secteur,
- modifier l’état d’une adresse via une liste déroulante,
- et lancer un calcul d’itinéraire pour l’aide à la navigation.
À chaque changement d’état, l’heure et la date sont mis à jour automatiquement, sans aucune manipulation supplémentaire de l’agent. En parallèle, est calculé le délai écoulé depuis la dernière relance de chaque adresse, alimentant à la fois le tableau de bord du coordinateur, avec un indicateur de vigilance visuel, mais aussi l’application terrain pour avertir l’agent recenseur de la pertinence de relancer l’administré.
Côté préparation, la Direction SIG a également fourni à chaque agent un itinéraire optimal imprimé, calculé pour minimiser les distances lors des tournées de reconnaissance et de distribution initiale.
La gestion des droits a été assurée via la console d’administration du SIG, avec un filtrage par utilisateur sur les IRIS attribués à chaque agent, garantissant que chacun ne voit et ne modifie que les données relevant de sa zone.
Des résultats qui parlent d’eux-mêmes
Le bilan de la campagne 2026, qui s’est déroulée du 15 janvier au 21 février 2026 , est positif. Dès les deux premières semaines, la commune affichait 15 points d’avance sur le calendrier cible de l’INSEE. Au samedi 7 février, soit trois semaines après le démarrage officiel, 75 % des logements avaient déjà répondu. Ce gain de temps permet aux agents de se concentrer sur la récupération des derniers questionnaires.
Du côté de l’investissement, les chiffres sont tout aussi parlants :
- environ 3 jours de développement initial en interne,
- puis 5 jours pour la migration sur Experience Builder avec mise en place de la base de données et des différents calculs automatiques,
- et seulement une demi-journée par an pour l’intégration des nouvelles données et l’adaptation des paramétrages.
L’outil est entièrement réutilisable d’une campagne à l’autre, et déjà partagé avec les agents INSEE pour une transparence accrue en temps réel.
Et maintenant ?
L’ambition de la Direction SIG du Grand Montauban ne s’arrête pas là. L’éditeur du logiciel ayant repris le modèle de données, va proposer prochainement d’améliorer certaines fonctionnalités comme la gestion au logement et non plus à l’adresse.
Ce projet illustre parfaitement comment une direction SIG peut, avec des moyens maîtrisés et une approche pragmatique, transformer un processus réglementaire contraignant en levier d’efficacité territoriale. Pas de grand projet pluriannuel, pas de budget demandé, juste la bonne donnée, au bon endroit, au bon moment et les bonnes méthodes pour mettre en place des outils efficaces.
La devise de l’équipe résume bien l’état d’esprit : « Optimiser l’a(r)gent public. »
Article rédigé par Jonathan SIDGWICK, Directeur de la Direction (mutualisée) Système d’Informations Géographiques de la Communauté d’agglomération du GrandMontauban et Ville de Montauban
Date: Monday 20 April 2026 à 19:19

