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La valeur économique de l’information géographique sur le territoire

jeudi, juillet 2nd, 2020

[Commentaire introductif du claviste : après le travail mené dans le cadre de SIG-LR il y a trois ans, il m’a semblé indispensable de faire connaître le travail de Narimène Dahmani, premier du genre à ce niveau sur le sujet, à la fois pour mieux faire comprendre la valeur des infrastructures d’information géographique et l’intérêt de se poser des questions de façon pluri-disciplinaire]

THÈSE soutenue le 16 décembre 2019 par Narimène DAHMANI, docteur de l’université de Strasbourg en sciences économiques.

Publication de ses conclusions avec l’autorisation de l’auteure.

1.    Principaux résultats et contributions

Le Chapitre 1 a été dédié à l’étude des Politiques Régionales en matière d’Information Géographique (PRIG) et à la méthode d’identification du potentiel impact de ces politiques sur la manière d’évaluer l’information géographique.

Les principales contributions de cette étude sont la mise en évidence de la diversité des PRIG des territoires considérés, par exemple, au niveau des modèles organisationnels, des coûts des PRIG, ou encore des dispositifs complémentaires aux IDG.

Dans le Chapitre 2, l’essentiel de l’étude repose sur la mise en évidence des effets économiques de l’information géographique sur le secteur privé.

Nous avons établi un écosystème de l’information géographique représentant le paysage de l’information géographique dans le secteur privé.  Un certain nombre d’indicateurs économiques permettent d’évaluer l’information géographique, par exemple, la part du chiffre d’affaire qui dépend de manière critique de l’information géographique. Nous avons pu tester ces indicateurs sur les acteurs situés en amont de notre écosystème : ces entreprises ont produit, a minima, 0.08% du PIB français de 2017, soit 2 052 209 172 euros.

Concernant les acteurs en aval de l’écosystème, c’est-à-dire les entreprises utilisatrices de d’information géographique, il a été démontré qu’un nombre considérable de secteurs d’activités dépendent fortement de l’information géographique. Le tourisme, les équipementiers industriels et l’immobilier en sont quelques exemples.

Les enquêtes réalisées avec les CCI ont permis d’obtenir un certain nombre de résultats quantitatifs. 25% des entreprises implantées sur les territoires étudiés sont utilisatrices d’information géographique.

Enfin, le Chapitre 3 a pour objectif de mettre en évidence les liens entre les PRIG et le secteur privé puis d’en déduire des diagnostics et des recommandations.

Les relations entre les acteurs du secteur privé et les IDG s’expriment de diverses manières. D’une part, les acteurs en amont de l’écosystème de l’information géographique ont une relation forte et avérée avec les IDG. D’autre part, il a été démontré que les liens entre ces dispositifs et les acteurs situés en aval sont plus faibles. En d’autres termes, les entreprises en tant qu’utilisatrices de l’information géographique, ont très peu recours aux IDG. Cela s’explique par trois éléments : une méconnaissance mutuelle et réciproque entre les entreprises et les IDG, un manque de compétences géomatiques de ces entreprises et une difficulté au niveau de la réutilisation des données géographiques par le secteur privé. Plusieurs recommandations, présentées dans ce travail, ont été proposées aux cinq Régions, telles que l’augmentation de la visibilité des IDG, une formation des entreprises aux outils techniques présents sur les plateformes ou encore le choix d’une ouverture plus importante des données géographiques.

2.    Limites et extensions possibles

Notre travail a cependant quelques limites qui pourraient être prises en compte pour de futures recherches.

Une limite du Chapitre 1 est le manque de données pour certaines Régions, notamment en raison de la fusion de certaines d’entre elles en 2015.

Les principales limites du Chapitre 2 résident dans le manque d’observations concernant différents secteurs d’activité économique. Le manque de représentativité de l’échantillon et donc des réponses obtenues en est la conséquence majeure. Pour de futurs travaux, il serait intéressant de se concentrer sur un seul type d’activité et d’évaluer, de la façon la plus complète possible, l’utilisation de l’information géographique par les entreprises concernées.

L’absence de données chiffrées telles que les chiffres d’affaires ou encore la valeur ajoutée pour certaines entreprises utilisatrices d’information géographique constitue la seconde limite du Chapitre 2. Nous n’avons donc pas pu évaluer l’impact économique global de l’utilisation de l’information géographique pour ces structures. L’accès à une base de données telle que la base DIANE permettrait d’obtenir des éléments complémentaires.

Une autre piste de réflexion serait de reconduire les enquêtes de cette thèse en partenariat avec les CCI en incluant celles pour lesquelles nous n’avions pas d’information et les autres Régions du territoire français. Cette analyse plus complète permettrait de comparer les résultats d’une Région à l’autre mais aussi d’avoir un aperçu de l’utilisation des données géographiques au niveau national. Il serait également intéressant de répéter ce travail, sur plusieurs années, afin d’obtenir des données de panel et de pouvoir conduire une analyse économétrique qui mettrait en lumière la relation causale entre utilisation de l’information géographique et des indicateurs économiques de performance des entreprises.

Dans le Chapitre 3, nous estimons que les recommandations préconisées aux Régions pourrait être une nouvelle piste de travail. Nous avons établi un diagnostic puis proposé des outils pour pallier au manque d’utilisation des IDG par le secteur privé comme des journées de formation aux outils techniques ou une augmentation de la visibilité des IDG. Nous pourrions mesurer la valeur des IDG sur le secteur privé avant et après la mise en place de ces recommandations.

Enfin, pour de futurs travaux, nous proposons d’évaluer la mise en place des recommandations du Chapitre 3, notamment à travers des questions que l’on pourrait retrouver dans les enquêtes CCI.

Le futur des IDG, vu du JRC (et un peu d’ici)

jeudi, mars 19th, 2020

Des collègues du JRC, la direction générale multi-technique de la Commission européenne, publient ces jours-ci un article sur le futur des IDG : « From Spatial Data Infrastructures to Data Spaces—A Technological Perspective on the Evolution of European SDIs ». Même si ce papier n’engage qu’eux et non la Commission, comme on dit, la qualité des signataires, qui sont nos interlocuteurs du plus haut niveau au JRC, mérite qu’on s’y attarde. Et vous jugerez par vous-même s’il ne retient qu’une « perspective purement technologique »!

Les dix premières pages dressent un tableau exhaustif du contexte et de la situation actuelle avec tous les passages obligés dans ce type de publication. Le point 4, intitulé Europe’s SDI Post-2020, porte plusieurs points qui confirment des diagnostics et des évolutions déjà perceptibles à l’été 2018.

Extraits choisis (parfois en version originale, pas le temps de tout traduire). Mes commentaires sont entre crochets.
L’introduction du point 4 cite l’abondance de données qui créent l’embarras du choix, aggravé par l’obscurité des licences [hors Licence ouverte & Creative common, bien sûr]. Elle insiste sur la préservation des investissements en plaidant pour des évolutions graduelles.

4.1. From Data Infrastructures to Data Spaces
« le risque existe que l’IDG reste trop centrée sur les producteurs », « l’assertion qu’il suffit de publier des données au travers de services interopérables pour créer des bénéfices ne tient pas » [ce qui était juste le principe de base d’INSPIRE], « Il faut considérer les producteurs et les utilisateurs, mais aussi tous les intermédiaires & il vaut mieux considérer que la notion de « spatial » n’est plus spéciale ».

4.2. Organisational Principles
4.2.1. Co-Design by Default

« The development of Europe’s SDIs, and the INSPIRE infrastructure in particular, pioneered mechanisms for co-creation and co-design of consensus-based technical arrangements. However, this approach (i) represented at large the perspective of those who participated in the drafting, that is, data providers, and (ii) took too long for the arrangements to be endorsed and adopted. As a consequence, other stakeholders such as software vendors and users were not fully included in the process.(…)
That is why, a rigid process which roots all developments into a particular standard or technology makes very little sense. » [Si cela ne vise pas les standards OGC, je ne sais pas de quoi ils parlent].

4.3.1. Data Structures Based on Spatial Features
Despite new technological developments, the need for the use of structured data with clearly defined semantics  cross multiple domains still remains. A simple yet extensible data structure based on INSPIRE semantics and  features (spatial objects) instead of the 34 INSPIRE data themes would be well supported by client applications  and libraries.
« Une telle solution serait très proche de celle utilisée par OSM ou de Darwin Core Archive (DwC-A), standard de données de la biodiversité ».
Both of those initiatives document the encoding approach on wiki pages through clear examples, and in the case of OSM pictures of spatial objects. The latter would be, for example, a nice addition to the currently existing INSPIRE Registry. »[Je ne suis pas sûr de bien interpréter cette phrase : s’agirait-il d’intégrer les tags obligatoires  d’OSM dans le registre INSPIRE?].

4.3.2. Encoding-Agnostic Approach
The notion of dataset distributions as defined in the Data Catalog Vocabulary–DCAT [82] might be endorsed in order to provide different representations of a dataset thus increasing the flexibilit in making the data available to stakeholders with different needs. In accordance with the DCAT specification, through distributions datasets  might be available in multiple serialisations that may differ in various ways, including natural language, media-type or format, schematic organisation, temporal and spatial resolution, level of detail or profile.

4.3.3. Mainstreaming IT-Related Developments
With regards to the access to data, the use of APIs offers many opportunities for providing easy access to data and enlarge the user base beyond the typical geospatial expert. Not only would APIs allow for simplifying the access to data, but they would also help to better understand user demand. In addition, the use of fine-grained loosely coupled services, together with lightweight protocols would help improve the usability of geospatial data.

Conclusion des auteurs
Après le résumé des points précédents, les auteurs citent quelques points qu’ils décrivent comme hors de leur sujet :
-Harmoniser et rendre accessibles les données de peu d’intérêt pour les utilisateurs alors qu’on ne se concentrent pas sur celles des données qui sont les plus hautement désirées a peu de sens. [C’est très exactement le virage de 2018-2019 sur les données prioritaires et celles de couverture nationale]. Une mantra souvent entendue dans les conférences est qu’il faut s’inspirer des utilisateurs. Cependant, une approche concrète et pragmatique pour ce faire est toujours manquante.
– « Dans ce contexte d’une complexité croissante, la gouvernance de la donnée est un défi. Tandis qu’il y a des preuves de réussite de développements liés à la donnée au niveau urbain, plus le niveau de territoire ets élevé, plus faibles sont les preuves de réussites comme la durabilité des bonnes pratiques » [Je ne partage pas cette analyse, peut-être liée à une spécificité de l’IDG française].

A part ce dernier point, je ne vois pas ce qui serait différent de l’analyse portée par la France jusqu’ici. Qu’en pensez-vous?

 

Rapport de la France sur INSPIRE 2010-2012

mercredi, mai 29th, 2013

Le rapport triennal de la France à la Commission européenne est disponible. Il est composé du rapport proprement dit(PDF – 1113 Ko), et du traditionnel fichier .xls de calcul des indicateurs. Ce dernier comprend, dans la feuille « Data Input », la liste intégrale des séries de données et des services géographiques INSPIRE disponibles via le Géocatalogue au 31.12.2012.

Ce rapport triennal avait pour objet de faire le bilan de trois années de mise en œuvre de la directive INSPIRE. Bâti à partir d’une enquête de l’IGN et de retours utilisateurs, validé par le CNIG, il représente l’analyse officielle des autorités françaises.

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Les brousquettes sont-elles l’avenir des IDG?

vendredi, avril 12th, 2013

Les brousquettes ont été l’objet de certaines discussions lors des dernières dynamiques régionales de l’Afigéo (4 & 5 avril, à Bordeaux). La question de leur impact sur les infrastructures de données géographiques (IDG) a été évoquée avec certaines IDG régionales, dont la première d’entre elles.

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Les Auvergnats inventent les « métadonnées party »

mercredi, septembre 26th, 2012

Hier, le Centre régional auvergnat de l’information géographique (CRAIG) organisait une journée régionale INSPIRE.

Afin d’aider les différents adhérents à fabriquer leurs premières métadonnées, le CRAIG annonce (PDF) à la diapositive 28, des « métadonnées party » où chacun vient avec une série de données et repart avec les métadonnées qui vont bien. Le tout en trois heures, dans une ambiance « détendue voire festive » (sic).

Killing App!

Comment être sûr que je n’entraîne pas mon IDG locale dans une mauvaise direction?

mercredi, mai 26th, 2010

La définition d’INSPIRE d’une IDG c’est : métadonnées, harmonisation, services en réseau, partage des données, coordination, dans cet ordre. J’ai expliqué cette construction dans La petite maison dans la prairie de l’interopérabilité.

Comme on ne peut pas harmoniser les données au seul niveau local (enfin si, on peut faute de mieux, mais attention aux raccords avec les voisins…), je dirais que (et l’ordre réel de mise en oeuvre est, à mon avis, différent de celui de la directive) :
– si les producteurs/utilisateurs se retrouvent autour d’une table pour échanger (les besoins et les avis avant les données);
– si les données sont partagées sur le territoire, sans trop de freins;
– si les métadonnées sont disponibles ou en voie de l’être;
– si des services en réseau (co-visualisation, a minima) sont prévus,
alors il n’y a pas de doute, votre boussole est bien calée. Bien entendu, si ce ne sont encore plus ou moins que des objectifs, cela vaut aussi (même la Création a pris six jours!). Et même si ces quatre points ne sont pas encore tous lancés, cela fixe au moins un cap de les annoncer.

Par contre, je ne crois pas qu’il soit possible d’échanger les données sans se parler au niveau local. Nous avons encore un peu de chemin devant nous pour qu’une majorité d’acteurs diffusent leurs données les yeux fermés. Disons, deux ans?

IIG ou IDG?

vendredi, juin 5th, 2009

Eh oui, en fait INSPIRE ne réalise pas une infrastructure de données géographiques, mais une infrastructure d’information géographique. La différence? On se focalise moins sur les données, ce qui permet de penser davantage à l’information et aux services…

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Peut-il y avoir plusieurs IDG sur un territoire donné?

lundi, mai 18th, 2009

Tout le monde n’est pas d’accord à ce sujet. De mon point de vue, c’est un contre-sens, peut-être facilité par l’imprécision de la définition d’une IDG. Il y en a en effet plusieurs en lice, tout à fait convergentes mais avec des subtilités. Je pense que vous comprendrez qu’ici je prenne celle d’INSPIRE (Art.3-1) : des métadonnées, des séries de données géographiques et des services de données géographiques; des services et des technologies en réseau; des accords sur le partage, l’accès et l’utilisation; et des mécanismes, des processus et des procédures de coordination et de suivi établis, exploités ou mis à disposition conformément à la présente directive.

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Définition d’une IDG selon INSPIRE

jeudi, janvier 15th, 2009

Le considérant n°6 de la directive explique la vision d’une IDG selon INSPIRE. Celle-ci mérite d’être rappelée car elle sous-tend plusieurs règles de mise en œuvre.

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Qu’est-ce qu’une infrastructure de données géographiques ?

jeudi, octobre 23rd, 2008

Il est temps, première question. La directive INSPIRE établit une infrastructure de données géographiques (IDG). Mais qu’est-ce que c’est?
Ce sont des règles techniques, de coordination et de gouvernance. Je vous propose d’en savoir plus sous deux formes : un document d’une page Eléments_de_langage_IDG_240908Eléments de langage sur une infrastructure de données géographiques » (PDF -80 Ko) et cette présentation Powerpoint.