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Vers un changement de paradigme d’INSPIRE?

mercredi, avril 8th, 2020

Saisi par le Point de contact français, le CNIG lance une consultation des parties-prenantes françaises sur la proposition européenne de programme de travail 2020-2024.

D’ici fin 2022, il s’agit d’arriver à une mise en oeuvre commune dans l’Union européenne sur un périmètre, réduit, de données de référence tout en relâchant les contraintes sur les autres.

Le point qui me paraît le plus emblématique (j’avais prévu de faire une communication sur ce sujet lors de la conférence INSPIRE de mai) est le suivant :

1-a/ mettre en place une priorisation basée sur le besoin et une harmonisation proportionnée

1-a-i: Identifier un ensemble central et limité de données pour lequel une interopérabilité complète doit être poursuivie. Les trois types suivants, données prioritaires, de référence et de haute valeur, forment un bon cadre pour définir cette approche [LBT: ce sont toutes des données nationales. La commission Règles de mise en œuvre du CNIG en a arrêté la liste en 2019]

1-a-ii: Diversifier et lorsque possible relâcher les recommandations de mise en oeuvre techniques, selon leur catégorie. L’harmonisation des données ne devrait en concerner qu’un faible nombre et être construire sur des cas d’utilisation tangibles.

Puis pour 2024, il s’agirait de rapprocher les directives Aarhus (sur l’accès à l’information environnementale) et INSPIRE pour 2024.

La synthèse avec les questions est ici : http://cnig.gouv.fr/wp-content/uploads/2020/04/consultation-RMO-sur-WP-20-22.pdf

Cette nouvelle perspective pourrait sensiblement changer certaines approches et priorités, la Commission européenne notant à plusieurs reprises la nécessité de s’appuyer sur des besoins réels, en particulier hors de ceux des producteurs. Il a donc semblé utile de vous consulter, même si le délai est un peu court : les réponses sont attendues au plus tard le 17 avril.

NB : cette consultation est ouverte à toutes les parties-prenantes intéressées. Néanmoins, elle n’est pas publique car destinée à alimenter une position nationale. Vous pourrez obtenir l’accès aux documents et participer à la consultation après vous être fait connaître auprès du secrétariat du CNIG, cnig{@}cnig.gouv.fr.

Le futur des IDG, vu du JRC (et un peu d’ici)

jeudi, mars 19th, 2020

Des collègues du JRC, la direction générale multi-technique de la Commission européenne, publient ces jours-ci un article sur le futur des IDG : « From Spatial Data Infrastructures to Data Spaces—A Technological Perspective on the Evolution of European SDIs ». Même si ce papier n’engage qu’eux et non la Commission, comme on dit, la qualité des signataires, qui sont nos interlocuteurs du plus haut niveau au JRC, mérite qu’on s’y attarde. Et vous jugerez par vous-même s’il ne retient qu’une « perspective purement technologique »!

Les dix premières pages dressent un tableau exhaustif du contexte et de la situation actuelle avec tous les passages obligés dans ce type de publication. Le point 4, intitulé Europe’s SDI Post-2020, porte plusieurs points qui confirment des diagnostics et des évolutions déjà perceptibles à l’été 2018.

Extraits choisis (parfois en version originale, pas le temps de tout traduire). Mes commentaires sont entre crochets.
L’introduction du point 4 cite l’abondance de données qui créent l’embarras du choix, aggravé par l’obscurité des licences [hors Licence ouverte & Creative common, bien sûr]. Elle insiste sur la préservation des investissements en plaidant pour des évolutions graduelles.

4.1. From Data Infrastructures to Data Spaces
« le risque existe que l’IDG reste trop centrée sur les producteurs », « l’assertion qu’il suffit de publier des données au travers de services interopérables pour créer des bénéfices ne tient pas » [ce qui était juste le principe de base d’INSPIRE], « Il faut considérer les producteurs et les utilisateurs, mais aussi tous les intermédiaires & il vaut mieux considérer que la notion de « spatial » n’est plus spéciale ».

4.2. Organisational Principles
4.2.1. Co-Design by Default

« The development of Europe’s SDIs, and the INSPIRE infrastructure in particular, pioneered mechanisms for co-creation and co-design of consensus-based technical arrangements. However, this approach (i) represented at large the perspective of those who participated in the drafting, that is, data providers, and (ii) took too long for the arrangements to be endorsed and adopted. As a consequence, other stakeholders such as software vendors and users were not fully included in the process.(…)
That is why, a rigid process which roots all developments into a particular standard or technology makes very little sense. » [Si cela ne vise pas les standards OGC, je ne sais pas de quoi ils parlent].

4.3.1. Data Structures Based on Spatial Features
Despite new technological developments, the need for the use of structured data with clearly defined semantics  cross multiple domains still remains. A simple yet extensible data structure based on INSPIRE semantics and  features (spatial objects) instead of the 34 INSPIRE data themes would be well supported by client applications  and libraries.
« Une telle solution serait très proche de celle utilisée par OSM ou de Darwin Core Archive (DwC-A), standard de données de la biodiversité ».
Both of those initiatives document the encoding approach on wiki pages through clear examples, and in the case of OSM pictures of spatial objects. The latter would be, for example, a nice addition to the currently existing INSPIRE Registry. »[Je ne suis pas sûr de bien interpréter cette phrase : s’agirait-il d’intégrer les tags obligatoires  d’OSM dans le registre INSPIRE?].

4.3.2. Encoding-Agnostic Approach
The notion of dataset distributions as defined in the Data Catalog Vocabulary–DCAT [82] might be endorsed in order to provide different representations of a dataset thus increasing the flexibilit in making the data available to stakeholders with different needs. In accordance with the DCAT specification, through distributions datasets  might be available in multiple serialisations that may differ in various ways, including natural language, media-type or format, schematic organisation, temporal and spatial resolution, level of detail or profile.

4.3.3. Mainstreaming IT-Related Developments
With regards to the access to data, the use of APIs offers many opportunities for providing easy access to data and enlarge the user base beyond the typical geospatial expert. Not only would APIs allow for simplifying the access to data, but they would also help to better understand user demand. In addition, the use of fine-grained loosely coupled services, together with lightweight protocols would help improve the usability of geospatial data.

Conclusion des auteurs
Après le résumé des points précédents, les auteurs citent quelques points qu’ils décrivent comme hors de leur sujet :
-Harmoniser et rendre accessibles les données de peu d’intérêt pour les utilisateurs alors qu’on ne se concentrent pas sur celles des données qui sont les plus hautement désirées a peu de sens. [C’est très exactement le virage de 2018-2019 sur les données prioritaires et celles de couverture nationale]. Une mantra souvent entendue dans les conférences est qu’il faut s’inspirer des utilisateurs. Cependant, une approche concrète et pragmatique pour ce faire est toujours manquante.
– « Dans ce contexte d’une complexité croissante, la gouvernance de la donnée est un défi. Tandis qu’il y a des preuves de réussite de développements liés à la donnée au niveau urbain, plus le niveau de territoire ets élevé, plus faibles sont les preuves de réussites comme la durabilité des bonnes pratiques » [Je ne partage pas cette analyse, peut-être liée à une spécificité de l’IDG française].

A part ce dernier point, je ne vois pas ce qui serait différent de l’analyse portée par la France jusqu’ici. Qu’en pensez-vous?

 

Quel futur pour INSPIRE?

vendredi, janvier 11th, 2019

La révision du processus de rapportage décrit dans un billet récent s’inscrit dans un processus plus large. En effet, depuis le début de l’année 2018, la Commission européenne a entrepris les études préparatoires à la révision de la directive INSPIRE en 2021.

Elle a ainsi repris à son compte un projet franco-danois de séminaire de réflexion sur ce que pourrait être le futur d’INSPIRE. Ce séminaire devrait réunir les représentants des Etats membres et d’autres acteurs à la discrétion de la Commission européenne.

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Résultats d’un atelier européen sur le futur d’INSPIRE

vendredi, janvier 11th, 2019

Lors de la conférence INSPIRE 2018, un atelier ‘The future of INSPIRE’ s’est tenu autour de trois questions en lien avec la révision de la directive annoncée pour 2021 :
1. Qu’est-il nécessaire de faire avant et après 2021 ?
2. – Pouvons-nous identifier des fils directeurs (common threads) ?
3. – Sur quoi devrions-nous nous concentrer et de quoi avons-nous besoin ?

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Quelles belles histoires INSPIRE pour 2019?

lundi, janvier 7th, 2019

C’est la nouvelle année, et je vous souhaite une excellente année deux-mille-dix-n’oeufs.

Même si la Commission européenne, dans sa grande générosité, dispense cette année les Etats membres de produire l’habituel rapport triennal en 2019, il nous a semblé positif de continuer à recueillir et à publier des récits concrets sur l’apport d’INSPIRE aux différents acteurs.

La dernière fois, en 2016, nous avions ainsi publié sur ce blog la plupart des récits contenus dans le rapport de la France.

Cela a été utile pour comprendre, et faire comprendre, l’intérêt de tout ce travail souterrain de la construction d’une infrastructure de données, normalement invisible – sauf quand cela ne fonctionne pas!

Aussi, merci de me proposer des récits sur l’environnement, sur les territoires, sur des usages par les associations ou les entreprises, aux différents niveaux administratifs. Comme dans toute bonne histoire, il y aura des succès, des problèmes, des acteurs emblématiques, des sujets obscurs ou symboliques, des paraboles si vous le voulez, dans le respect toutefois de la décence propre à un rapport de la France.

C’est à envoyer à mon adresse professionnelle, marc.leobet[(at)]developpement-durable.gouv.fr avec comme objet « rapport INSPIRE 2019 » SVP.

Au fait, vous êtes tous au courant que les bases de données du niveau communal type Corps de rue sont soumises à INSPIRE depuis l’adoption de la loi Lemaire?

mardi, décembre 18th, 2018

Mais aussi réseaux communaux de vos délégataires, bases des syndicats communaux et intercommunaux et tutti quanti.

Explication.

Il y a très très longtemps, dans une autre décennie, j’écrivais  » il a été dit que de futurs décrets pourraient l’inscrire de façon à cibler ce type de contrainte sur des collectivités qui disposent de certains moyens. Mais il a bien été précisé que ces décrets éventuels seraient à l’initiative des secteurs thématiques. Il n’y a pas, à ma connaissance, de tels projets pour le moment. »

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Cette année, le rapportage est au 15 décembre

vendredi, octobre 19th, 2018

Depuis 2010, le Géocatalogue opère une extraction en fin d’année, théoriquement le 31 décembre et, en pratique, plutôt vers le 10 janvier.

Cette photographie des métadonnées françaises sert à produire le rapport de la France sur la mise en oeuvre d’INSPIRE. Il est envoyé à la Commission européenne le 15 mai.

Dans le même mouvement que celui décrit dans ce billet, la Commission propose un changement de processus : moins d’indicateurs, plus automatisés (à partir des métadonnées). Cette proposition est soumise au vote des États membres fin novembre mais, comme elle sera d’effet immédiat, il nous a semblé utile de faire comme si elle allait être adoptée. Pour les autorités publiques françaises, cela ne changera pas beaucoup, nous avons toujours pratiqué ainsi. Toutefois, un effet de bord sera le changement des dates-clés.

Comme nous avons compris que cette date d’extraction motivait parfois des mises à jour in extremis, attention : à partir de cette année, le rapportage sera établi à partir d’une extraction du 15 décembre.

Données d’intérêt local et données d’intérêt national et européen

jeudi, août 9th, 2018

Trop de données tue les trouver

(oui, je sais, mais j’aime bien cette métrique)

Tout praticien sait la difficulté de trouver les données adéquates sur les grands catalogues comme le Géocatalogue national. Ce qu’on sait peut-être moins, c’est que cette difficulté se rencontre dans tous les États membres un peu étendus ou disposant d’un grand nombre de métadonnées, et sur le Géoportail européen.
Cet échec de la première promesse du triplet « trouver-voir-télécharger » fait peser une ombre sur la réussite d’INSPIRE.

Dans les échanges au niveau européen, l’analyse des causes est assez consensuelle : métadonnées mal remplies (les géomaticiens européens ne sont pas des documentalistes, à chacun ses compétences), inadéquation de la norme ISO19115 à des usages somme toute basiques, défauts multipliés de façon exponentielle par le très grand nombre de métadonnées en ligne.

La Commission européenne cherchent depuis des mois à corriger cela (voir le compte-rendu de la commission « Règles de mise en oeuvre » du 13/03/18, point 1) Lors de la dernière réunion du Comité INSPIRE, à la suite d’une proposition française de filtrer les données entre le niveau local et les niveaux national et européen, le président du comité a proposé de ne plus transmettre au Géoportail européen que les données répondant à un usage national.

Je souhaite ici expliquer la logique qui sous-tend cette proposition, laquelle converge avec notre propre analyse.

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Où en est la France par rapport à ses voisins?

mercredi, juin 6th, 2018

L’Agence européenne de l’environnement (AEE) publie elle aussi un tableau de bord INSPIRE qui permet de comparer les différentes mises en oeuvre des Etats européens*.

Quelques remarques, rubrique « INSPIRE EU dashboard » :
– l’AEE abandonne l’affichage des taux pour afficher des valeurs absolues de données. Cela avantage mécaniquement les pays les plus grands (quoique…);
– L’Allemagne et maintenant la France ont des politiques de web services très proches et franchement différentes de tous les autres Etats.

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Rapport de la France 2018 (au titre de l’année 2017)

mercredi, juin 6th, 2018
Après le retour des cloches de Rome, puis les ponts du joli mois de mai, vient l’envoi par la France de son rapport sur la mise en oeuvre de la directive INSPIRE.

Cette année encore, le rapport est agrémenté de graphiques qui rendent plus accessibles les principales évolutions.

Le résumé officiel est le suivant :

« Le présent rapport indique une forme de maturité de l’infrastructure de données géographique française avec, dans un cas, une rupture brutale liée à une mise à niveau de l’infrastructure. Il note :
– une reprise de la croissance des métadonnées publiées (+18 % contre +13 % en 2016) en augmentant encore le taux de conformité (à 92%) ;
un taux de conformité des données qui décolle enfin, de 3 % à 15 %. Cela provient de données respectant les spécifications nationales (CNIG ou COVADIS). Elles sont de facto conformes INSPIRE mais n’étaient pas forcément déclarées comme telles les années précédentes. Beaucoup sont encore à mieux déclarer.
– L’indicateur NSi2 mesurant les données à la fois consultables et téléchargeables est resté stable à 60%, notamment en raison de l’intégration de nouvelles métadonnées qui n’ont pas encore eu le temps d’être rendues accessibles par les plateformes régionales considérées.
– La montée en charge continue du nombre de données mises à disposition par l’infrastructure centrale du ministère en charge de l’environnement [GéoIDE] a entraîné de graves problèmes de performance liés à une description des capacités de service trop lourde. L’année dernière, le ministère a dû opérer un changement d’architecture afin de limiter le nombre de données par service en réseau. Cela a conduit à passer globalement de six services maximum par organisation à un à trois services en réseau par série de données.
– Cette multiplication par dix des services en réseau qui représentent désormais 93 % du total a produit un impact majeur sur plusieurs indicateurs (NSi3, utilisation des services en réseau, divisé par 10, par exemple, ou NSi4, conformité des services, passant à 96 %). Cela montre les limites de ces indicateurs dont nous soutenons la simplification drastique. »

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